Groupe de Réflexion sur l’Obésité et le Surpoids
Association selon la loi de 1901
Les anciennes chroniques 2007:

D'un court-circuit l'autre, par Bernard Waysfeld Janvier 2007
Peut-on grossir sous l’effet des stresses sans manger davantage? Février 2007
Connor et la police diététique Mars 2007
Ça fait plaisir et en plus c’est bon pour la santé, Jean-Philippe Zermati, Avril 2007

Eloge de la graisse et d'Olivier Bardolle Mai 2007
Haro sur le sel! Juin 2007
Attention à ne pas attraper l'obésité! Juillet-août 2007

Où l’on reparle de la fat tax !
Septembre 2007
Se remplir ou se restaurer? Octobre-novembre 2007
A chacun selon sa faim. Jean-Philippe Zermati Décembre 2007


Chroniques 2008 du GROS
Les anciennes chroniques 2006:

Le déclic. Janvier 2006 Janvier 2006
La chasse aux obèses fera grossir tout le monde! Février 2006
Faut-il obéir à son corps ou bien le discipliner? Mars 2006
Les gros et leur assiette. Avril 2006
Mincir à mort. Mai 2006
Le travail d'être soi, juin 2006
Jeux de plage Juillet-août 2006
On ne peut pas faire son ordinaire de l’extraordinaire. Septembre 2006
Quand la lutte contre la tyrannie de la minceur devient une tyrannie à son tour. Octobre 2006
Le goût du gras. Novembre 2006
Les addictions alimentaires n’existent pas Décembre 2006

Les anciennes chroniques 2005:

De la boulimie moderne à la gastronomie post-moderne Février 2005
Manger ensemble aide à réguler son alimentation Mars 2005
Feeders et feedees: enfin du neuf du côté de la perversion Avril 2005
L'Enfer des gros est pavé de bonnes intentions… politiques. Mai 2005
Tours de cour : l’exercice physique fait-il maigrir ? Juin 2005
Manger des idées fait grossir! Juillet-août 2005
Protégeons nos enfants des nutritionnistes (et des politiques) ! Septembre 2005
Un monde sain, sain, sain! Octobre 2005
French paradox contre paradoxe américain, par Jean-Philippe Zermati. Novembre 2005
Coca-Cola fait son mea culpa! Décembre 2005

Les anciennes chroniques 2008:

Pourquoi y a-t-il plus de gros chez les pauvres (et que faire pour que ça change)? Janvier 2008
Faites attention! Février 2008
Français, mangez en paix !
Mars 2008
Maigritude 2008 Avril 2008


Pourquoi y a-t-il plus de gros chez les pauvres (et que faire pour que ça change)?
Janvier 2008

C’est un fait avéré : alors qu’autrefois, avoir des rondeurs, une panse large et bien remplie était un signe extérieur de richesse, c’est désormais un signe extérieur de pauvreté. Dans les pays industrialisés, plus on est pauvre, et plus on a statistiquement de chance d’être gros ou obèse. Une étude de l’INRA présentée en 2005 montre qu’on trouve en France 16% d’ouvrières obèses contre 4% de cadres ou de professions intermédiaires.
Pourquoi donc ? La réponse officielle, des pouvoirs publics, des bien-pensants, est de vilipender la junk-food, grossissante et pas assez chère ; les fruits et les légumes, dont la consommation intensive permettrait la minceur, seraient quant à eux bien trop chers. La solution consisterait donc à taxer les aliments gras et sucrés, et peut-être, pourquoi pas, avec cet argent récolté, de subventionner les fruits et les légumes.
Une étude de 2001 des docteurs Delestre et Meyer, met elle aussi en évidence le lien entre obésité et pauvreté, et ces éléments de l’étude ont été souvent repris, y compris dans des rapports destinés aux pouvoirs publics. Mais on laisse de côté le principal résultat de cette étude : les femmes obèses, en précarité financière, seraient plus stressées et plus déprimées que la moyenne.

Nous savons bien, nous autres cliniciens ayant affaire à des personnes en souffrance avec leur poids et leur comportement alimentaire, combien il est fréquent qu’on mange pour minorer sa souffrance psychique. C’est même, selon nous, une cause majeure de surconsommation alimentaire dans les pays industrialisés. On se tourne alors préférentiellement vers les aliments gras et sucrés, qui permettent d’éteindre ou de diminuer les incendies de l’âme, de calmer temporairement les angoisses et la déprime, bien plus efficacement que les fruits, les légumes et les yaourts à 0% de matière grasse.
Être pauvre aujourd’hui, en Occident, provoque en soi un état de stress et de dépression. Quand on est pauvre, la vie est encore plus rude, plus compliquée, plus aléatoire que lorsqu’on dispose d’un peu plus d’argent. On est tenaillé par la peur du lendemain. Et puis, en permanence, du fait de l’omniprésence des médias, on est confronté à une richesse inouïe, comme à portée de main, mais dont on ne peut pas profiter.
On se sent aussi coupable et honteux de ne pas pouvoir offrir à ses enfants la même vie, les mêmes objets que possèdent leurs petits camarades. Mais au moins, on peut leur acheter à manger des aliments consolateurs, c'est-à-dire là encore, gras et sucrés.
Il me semble aussi que les pauvres d’aujourd’hui, dès lors qu’ils sont transformés en assistés, se voient privés de leur dignité. Comment, alors, se respecter soi-même, se vouloir du bien ? Le mépris de soi, lui aussi, conduit à manger sans respect pour son corps, sans pouvoir tenir compte des messages qu’il nous adresse, c'est-à-dire des sensations alimentaires.

Manger n’est pas la seule façon de lutter contre le stress. Certes, il y a la relaxation, la psychothérapie et l’écoute du chant des baleines. Mais ces techniques sophistiquées sont réservées aux riches, ayant des stresses de luxe. Les pauvres ont quant à eux recours à des techniques plus traditionnelles, comme fumer, boire plus que de raison, faire du tapage, devenir violents avec leurs proches ou rechercher la bagarre avec des inconnus.
Mais le peuvent-ils encore ? Dans une société de plus en plus policée, où les moindres comportements déviants sont réprimés, mieux vaut se tenir à carreau et se contenter de boulotter ses friandises industrielles et ses pizzas surgelées dans son coin. Voilà qui, certes deviendra plus onéreux si on institue une taxe sur ces produits (voir à ce sujet:
Où l’on reparle de la fat tax! Septembre 2007), mais qui ne justifie pas encore une action de police.

Si le fait d’être pauvre augmente le niveau de stress et de malheur, si les personnes pauvres mangent essentiellement des produits gras et sucrés pour minorer ce malheur, alors même la distribution gratuite de fruits et de légumes n’y pourra rien et ressemblera à un cautère sur une jambe de bois.
Le fait que les individus pauvres soient statistiquement plus souvent obèses que les personnes vivant dans de meilleures conditions est simplement un marqueur de cette pauvreté et des souffrances qu’elle occasionne. Vouloir modifier l’alimentation des personnes aux conditions de vie précaires en leur offrant des brassées de fruits et de légumes, en leur rendant plus difficile l’accès aux produits gras et sucrés, n’est qu’une forme pernicieuse de mépris.
Aidons les personnes dans le besoin, par exemple en leur donnant du travail, en leur permettant de retrouver leur dignité, en faisant en sorte qu'elles puissent s’estimer et s’aimer. Et gageons qu’alors elles auront moins besoin de dévorer pour calmer leurs souffrances, qu'elles seront mieux à même d'être à l'écoute de leurs besoins fondamentaux.

Gérard Apfeldorfer

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DELESTRE F., MEYER K. Pauvreté, désintérêt nutritionnel et obésité. Médecine et nutrition, 2001, vol. 37, No 6, pp. 267-281
REGNIER F. Obésité, corpulence et statut social : une comparaison france / États-Unis (1970-2000). Recherches en Économie et sociologie rurales. INRA Sciences sociales. N° 1 - JUIN 2005.
LEMAIRE N., VOLATIER, JC, Avis sur l’exclusion sociale et l’alimentation. CNA, 34, 22/2/2002.

Faites attention!
Février 2008

Tel est le mot d’ordre de notre société précautionneuse.
Fait-il mauvais? Faites attention en conduisant, nous informe le présentateur radiophonique, car on n’y voit goutte. Fait-il beau? Faites attention, nous informe le même, car la bonne visibilité pousse aux imprudences.
Quand il s’agit de se nourrir, il convient là aussi, là surtout, de faire attention. Ne pas faire attention à ce qu’on mange pourrait conduire à consommer tout et n’importe quoi, n’importe quand, n’importe comment. Nous sommes tellement gâtés, il y a tant de bonnes choses à manger! Cette anarchie alimentaire de celui qui dévore avec frénésie tout ce qui lui tombe sous la main est celle du sauvage alimentaire, de celui qui n’a pas reçu d’éducation alimentaire digne de ce nom, qui n’a pas appris comment les choses se mangent.
Il nous faut donc faire attention. Mais à quoi? Faut-il devenir le comptable de ses calories? Cette façon de manger va bien à ceux qui ont un tableau Excel à la place du cœur, mais ne saurait convenir au plus grand nombre.
Ou alors, faut-il manger moins gras, moins sucré, moins salé? Moins gras, moins sucré, moins salé que quoi? On suggère implicitement que le gras, le sucre et le sel sont des sortes de poisons et que le mieux serait de ne pas en manger du tout. Mais alors, que reste-il? Une diète protéinée, sans doute, associée à un bon coup de déprime.
La diabolisation des lipides et des glucides conduit à culpabiliser chaque fois qu’on en mange, c'est-à-dire tous les jours. Et, je ne me lasse pas de le répéter, la culpabilisation dérègle nos systèmes de régulation de la prise alimentaire au point que nous ne savons plus quand nous arrêter de manger dès lors que nous avons commencé.
Nous y arrivons: certes, quand on mange, il convient de faire attention… à ses sensations alimentaires.
Attention au goût des aliments, au plaisir qu’ils nous procurent. Ce plaisir n’est pas gratuit: il nous informe tout d’abord sur la nature des aliments les plus à même de satisfaire notre organisme. Nous trouvons bons les aliments qui apportent ce que notre corps réclame. Ainsi, les aliments très gras, très sucrés nous semblent délicieux lorsque nous sommes avides d’énergie, ou bien lorsque nous avons besoin de sensations intenses pour combattre une humeur négative, un état de stress. Dès lors que notre corps, notre psyché sont restaurés, ces mêmes aliments nous paraissent inappropriés.
À d’autres moments, si nous faisons attention à ces mêmes sensations alimentaires, nous constatons que ce sont de petites choses légères et rafraîchissantes qui nous conviendront le mieux. Nous avons faim de crudités, de légumes et de poisson vapeur, ou même nous n’avons pas suffisamment faim pour que manger en vaille la peine. N’écoutant que notre appétit, alors nous nous abstenons.
Continuant à prêter le plus grande attention à nos appétits tout au long du repas, nous constatons que le plaisir gustatif va en s’amenuisant, jusqu’au moment où on estime avoir son content. Pourquoi manger davantage, puisque tout à l’heure ou demain, notre appétit nous reviendra et que nous pourrons alors manger à nouveau toutes ces bonnes choses qui sont disponibles?
Bien sûr, je parle là de comportements alimentaires normalement régulés. Si les vôtres sont dérégulés, si vous ne savez plus faire attention à vos sensations, si vous en êtes réduits à faire attention à vos calories ou à je ne sais quel principes diététiques, alors tout ce que je viens de vous décrire doit vous apparaître comme bien exotique. Mais ne perdez pas espoir: vos mécanismes régulateurs sont là, tout au fond de vous, et vous pouvez travailler à les exhumer !
Tout de même, je n’aime guère ce «Faites attention!» impératif et culpabilisateur. Mieux vaudrait, à mon sens, dire: «Écoutez-vous!» Car c’est en étant à l’écoute de ses sensations, de ses émotions, de ses points de vue, en prenant soin de soi, en étant gentil et aimable avec soi-même, qu’on parvient à choisir, dans ce monde d’abondance, ce qu’il nous faut et abandonner le reste.

Gérard Apfeldorfer

Français, mangez en paix !
Mars 2008


Pour beaucoup de nos contemporains, manger n’est plus un plaisir, mais un souci, une corvée, un source d’angoisse et de culpabilité. On a peur de manger trop ou de manger mal. Nous sommes assaillis de messages permanents nous détaillant par le menu tous les dangers qui nous guettent, au premier rang desquels se trouvent le cancer et l’obésité.
Or, il se trouve que, malgré tous ces poisons, nous vivons de plus en plus vieux. Certes, nous mourons davantage de cancer, mais moins d’autres maladies. Sans doute faut-il mourir de quelque chose… En 2006, en France, l’espérance de vie était de 77,2 ans pour les hommes et 84,1 ans pour les femmes en France métropolitaine. Cette espérance de vie a augmenté de 20 ans entre 1935 et 1996. Entre 2000 et 2005, le gain annuel est de 2,5 mois pour les hommes et 2 mois pour les femmes. Un tel allongement de la vie, extraordinaire, inouï, serait-il possible si notre nourriture était aussi mauvaise qu’on le dit ? Il faut se rendre à l’évidence : ces aliments imparfaits, incomplets, pollués, industrialisés, suffisent bel et bien à nous maintenir en vie tout ce temps-là ! Et même, ajouterai-je, à nous donner bien du plaisir.
Et l’obésité, me direz-vous : elle monte, nous dit-on, à la vitesse d’un cheval au galop, comme la mer dans la baie du Mont Saint Michel. Allez-vous me croire : nous autres, Français, sommes parmi les plus minces de tous les pays industrialisés. En fait, seul le Japon fait mieux. Selon l’OMS, les femmes françaises de plus de 30 ans, avec un taux prévisionnel d’obésité pour 2015 de 8 à 15% (contre 30 à 45% pour l’Allemagne et la Grande Bretagne) seront les Européennes les plus minces. Quant aux Français mâles, ils ne prennent que la deuxième place.
Certes, comme partout ailleurs, les Français ont tendance à grossir, mais nous partons de tellement plus bas…
On est en droit de conclure qu’il existe en France un facteur de protection contre l’obésité, qui semble malheureusement en voie d’effritement.
Mais quel est-il ? Avons-nous une génétique différente ? Bien sûr que non. Est-ce une affaire de climat, plus favorable ? Laissez-moi rire. Sommes-nous plus obéissants, respectons-nous les règles de la diététique davantage que les autres ? Certainement pas, et même, ce serait plutôt le contraire…
Claude Fischler et Estelle Masson, deux sociologues, ont leur petite idée sur la question et viennent de publier un ouvrage éclairant sur le sujet, rapportant les résultats d’une étude internationale multicentrique : ce qui caractérise les mangeurs français, c’est la recherche du plaisir gustatif et la convivialité. Ce qui caractérise les Américains, qui se situent à l’autre bout du spectre, c’est le centrage sur la diététique et une alimentation où chacun est individuellement responsable de ce qu’il mange. Ainsi donc, manger avec plaisir et partager ce plaisir ne seraient pas de petits à-côtés, mais le principal !
Je me réjouis de cette conclusion, qui recoupe totalement mes constatations de clinicien, qui va dans le même sens que ce que nous proposons sur ce site, depuis des années.
Manger en paix, avec sérénité, de bonnes choses que l’on aime, en sachant les partager, n’est pas un luxe, mais un impératif de santé. Ce sont des conditions nécessaires pour pouvoir être à l’écoute de ses sensations alimentaires et, donc, pouvoir manger juste.
Manger ainsi n’est pas seulement bon pour le corps, mais aussi pour le mental. J’irai même plus loin : manger en paix est une méthode d’épanouissement personnel, un art de vivre. Cela demande donc une certaine discipline, de la concentration. Manger est un acte important, qu’on ne peut pas se permettre de bâcler.
Une bonne part des Français y parvient encore, cahin-caha, et ceux qui ont lâché la rampe feraient bien de s’y remettre.
Telle est l’ambition de mon dernier livre qui, comme vous vous en doutez, s’appelle « Mangez en paix ! » et qui, je l’espère, devrait permettre à tous ceux qui angoissent et culpabilisent, à tous ceux qui ont perdu leurs repères alimentaires, qui ne savent plus ce que manger veut dire, de retrouver la sérénité, de faire le bon poids.
Quant à nos politiques, qu’ils y songent : la France possède là un art de vivre qu’il convient d’entretenir, et même d’exporter !

Gérard Apfeldorfer

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Claude Fischler, Estelle Masson. Manger, Français, Européens et Américains face à l’alimentation. Ed. Odile Jacob, 2008.
Gérard Apfeldorfer. Mangez en paix ! Ed. Odile Jacob, 2008.


Maigritude 2008
Avril 2008


Quelque chose commencerait-il à changer ? Le journal féminin « Elle », le plus lu de la presse féminine, annonce dans son « Numéro Spécial Maigrir » de l’année 2008, le numéro qui a le plus gros tirage de l’année, que pour maigrir, il faut faire « tout sauf un régime ! ».
Deux interviews de Jean-Philippe Zermati et de votre serviteur nous donnent l’occasion de dire que traiter ainsi son corps, le brutaliser, le punir de n’être pas comme on le souhaite, tout cela, ce ne sont pas de bonnes idées. Le corps honni, violenté, privé, affamé, se venge, tôt ou tard. Les mécanismes de régulation dont il est pourvu reprendront la main et feront manger en dehors de toute volonté consciente. Les régimes, décidément, cela commence à se savoir, ne sont que des batailles où de temporaires victoires contre les kilos ne font que précipiter la perte de la guerre, sur le moyen et le long terme.
Voilà qui change agréablement des numéros précédents, où il s’agissait de préparer la saison maillot de bain à coups de régimes plus ou moins « scientifiques », plus ou moins farfelus. Pas de régime, vous dit-on !
Mais alors, que faire, et pour nos journalistes, comment remplir ce numéro ? On nous propose, pour remplacer les privations régimesques… de consommer du porridge, comme Madonna, ou encore du son, ou de boire du thé vert, du jus de citron, du sucre splenda, de faire son pain, ses yaourts, ses sorbets et ses soupes soi-même, de se tartiner de crèmes amincissantes, de boire des tas de produits anti-cellulite.
Et puis, il y a le sport. Chacune y va de ses conseils fitness : marche, rollers, Power Plate, gym maison, yoga, danse africaine, surf, machines à maigrir et j’en passe !
Les régimes, tout de même, reviennent par la petite porte, sous forme de nutritionnistes online, sous forme d’économies, non pas d’énergie, mais de calories, de « dietyfull cuisine » et autres aliments light. Comme quoi, chassez le naturel…
Mais il serait trop facile de se moquer. Bravo, dis-je à mesdames les journalistes de Elle, pour ce bel effort de désintoxication des régimes. Certes, comme on le voit, le traitement n’est pas terminé. Car, je suis désolé de vous le dire, toutes ces histoires d’allégements culinaires et de chasse au gras et au sucré, ce sont bel et bien des régimes, même s’ils ne disent plus leur nom.
Ce que je note, malgré ces dérapages, c’est cette tendance à plus de gentillesse avec soi-même. Il semble y avoir un peu moins de méchanceté punitive qu’auparavant, un peu moins de « prenez-vous en main, et que ça saute, je ne veux plus voir une once de graisse d’ici juin ! »
Tout cela va dans le bon sens, et nous incite à poursuivre notre action. Nous allons nous y employer, sans nous décourager. Vous pouvez compter sur nous, pour rappeler à toutes et à tous qu'il n'y a ni aliments grossissants, ni aliments amaigrissants, mais que tout est affaire d'écoute attentive de ses sensations et de ses émotions alimentaires. Pour vous dire que nos émotions sont parties prenante, ô combien, dans nos conduites alimentaires. Pour vous dire que tout est affaire d'amour, pour sa personne, de compassion, pour son corps, souvent tant décrié, de patience et de compréhension, pour les autres.

Gérard Apfeldorfer

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Elle, N°3246, 17/3/2008, p 171-192




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Page créée le 18 février 2005
Dernière Mise à Jour le 7 mai 2008