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Groupe de Réflexion sur lObésité et le Surpoids
Association selon la loi de 1901 |
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| Les abstracts des 4èmes Rencontres du GROS
2006 |
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| Jeudi 30 novembre 2006, Ateliers pré-congrès Des sensations alimentaires. Dr Jean-Philippe ZERMATI Clinique du goût - Dégustation.Dr Gérard Apfeldorfer Aspects fondamentaux du goût. CQFDgustation de Tours Le goût du mouvement. Pierre DALARUN, Psychomotricien (Paris), Edouard RODRIGUEZ Estime et affirmation de soi, travail sur la stigmatisation. Dr Christophe ANDRE Abord psychodynamique des obésités et des TCA. Dr Bernard WAYSFELD |
Vendredi 1er décembre 2006: Communications du congrès Des papilles aux projections cérébrales. Dr Annick FAURION, neurophysiologiste, Paris A quoi sert le goût? Dr André Holley, neurobiologiste, Dijon Odeur et marketing. Comment nous mener par le bout du nez. M. Joel LEONARD, Copenhague Le goût et les odeurs: peut-on en discuter? Danièle DUBOIS, Agnès GIBOREAU, Paris L'historien et les saveurs, le goût du sucré. Georges CARANTINO, historien, Paris Faute de goût: une pathologie du court-ciircuit. Dr Bernard WAYSFELD, nutritionniste, psychiatre, Paris Des goûts des vieux. Jérôme PELLISSIER, chercheur en gérontologie, Paris L'éducation gustative, un outil thérapeutique. Katerine KURETA-VANOLI, Diététicienne, Clamart Bon à penser, bon à manger. Ulla MENNETEAU, diététicienne, Riom Au plaisir du goût. Mme Gisèle HARRUS-REVIDI, psychanalyste, Paris Goûts et cultures. Jean-Pierre CORBEAU, sociologue, Tours |
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| La vie du GROS Retour page d'accueil |
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2 décembre 2006
PROGRAMME ET RÉSUMÉ DES COMMUNICATIONS
Président du Congrès : Dr Bernard WAYSFELD
Président Scientifique : Dr Gérard APFELDORFER
Comité dorganisation :Mme Ulla MENNETEAU, Mme Sylvie BENKEMOUN, Dr Frédérique CHIVA, Mme Anne-Marie DALIX, Dr Francine DURET-GOSSART, Mme Katherine KURETA-VANOLI, Mme Dominique AMAR-SOTTO, Dr Pierre PEUTEUIL, Dr Jean Philippe ZERMATI.
Lieu du Congrès: UIC - 16, rue Jean Rey - 75015 Paris
Quel plaisir! C'est Pierre Hermé qui fit l'ouverture de notre congrès. Qui, mieux qu'un grand pâtissier, est plus à même d'introduire ces Rencontres autour du goût? Pierre Hermé nous a expliqué comment il opère ses compositions, et par la même occasion, il nous montre comment nous devons procéder pour en apprécier toutes les finesses.
Le plaisir sensoriel qu'on prend à manger n'est pas, comme on voudrait nous le faire accroire, une sorte de superflu qui vient récompenser le mangeur lorsqu'il se nourrit. Non, ce plaisir fait partie intégrante de nos processus de régulation de la prise alimentaire. Les communications d'Annick Faurion et de André Holley, physiologistes, en ont éclairé les mécanismes intimes. Danièle Dubois a insisté sur le rôle essentiel de l'odorat. Cet odorat peut d'ailleurs être sciemment trompé, pour nous faire acheter et consommer, comme nous l'a aussi pointé Joël Leonard.
Il est nécessaire d'écouter son désir, ce vers quoi il nous porte, de prendre conscience de son plaisir, ainsi que de prendre conscience de l'extinction progressive de ce plaisir au fur et à mesure qu'on se nourrit. La fin du plaisir signe le rassasiement; on s'arrête alors de manger. Enfin, on s'arrête ou on ne s'arrête pas, car tout dépend aussi de la nature de la faim qu'on cherche à satisfaire. Il s'agit parfois d'une faim des autres, d'une soif de chaleur humaine. Auquel cas, on ne s'arrête que lorsque les ripailles tournent en chansons. Ou bien encore, nous mangeons sans faim et sans fin, à la recherche d'une complétude, d'un apaisement des tensions. Peu nous chaut le goût, dans ces conditions. Et même, ce goût, nous ne voulons pas en prendre connaissance, car cela nous obligerait à reconnaître que nous mangeons. La culpabilité de manger des aliments interdits et désirables, désirables en grande partie parce qu'interdits, nous fait manger sans y penser, sans déguster. Katerine Kureta-Vanoli et Ulla Menneteau nous ont montré, à propos de clinique, comment on peut échapper à ce cercle vicieux, en s'appuyant sur la gustation.
Certains avalent, engloutissent, sans possibilité de goûter. Ils sont oraux, nous dit Gisèle Harrus-Revidi, psychanalyste. Oraux? Pas tant que ça: la nourriture court-circuite le moment buccal, pour remplir la panse. La gloutonnerie rend gros, puis obèse, dès lors que la nourriture disponible est illimitée. Bernard Waysfeld, psychiatre et nutritionniste, nous a éclairé sur ce court-circuit du plaisir, qui finit souvent de nos jours par un court-circuit gastro-intestinal!
A-t-on du goût pour tout produit comestible qui nous apporte les nutriments qui conviennent à notre organisme? Sûrement pas. Georges Carantino, historien, et Jean-Pierre Corbeau, sociologue, nous ont rappelé que les goûts sont évolutifs, modelés par la culture de chaque époque, de chaque région, et qu'ils sont aussi des marqueurs de la classe sociale. En aimant ceci et pas cela, on s'inscrit dans une histoire, une géographie; on se signale par son bon goût, ou bien son mauvais.
Il nous a aussi semblé important de faire venir Jérôme Pelissier, chercheur en gérontologie, pour nous parler de ces vieux que d'aucuns trouvent
dégoûtants. Il est de mauvais goût, d'ailleurs, de dire, à la façon de notre orateur, "vieux" plutôt que "seniors", ou troisième, voire quatrième âge. Ces périphrases honteuses cherchent à cacher l'inommable: le non jeune, le non productif, le non consommateur, si ce n'est de soins coûteux. Quand les vieux sont laissés à l'abandon, ils perdent le goût de vivre et se font anorexiques. Où l'on touche du doigt cette évidence: manger, ce n'est pas faire le plein de nutriments à la pompe, c'est exister dans une relation interpersonnelle.
Merci, tout le monde!
Gérard Apfeldorfer
Jeudi 30 novembre 2006:
Ateliers pré-congrès
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Des sensations alimentaires. Dr Jean-Philippe ZERMATI, nutritionniste, Paris
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Le travail sur le comportement alimentaire suppose une bonne connaissance des mécanismes de contrôle du comportement alimentaire.
En premier lieu, celui-ci est sous le contrôle des sensations alimentaires, la faim, le rassasiement, la satiété, les appétits spécifiques. Bien souvent chez nos patients, la perception de ces sensations est altérée. Il est alors utile de pouvoir disposer dexpériences qui nous permettent, mieux que des discours, de leur faire comprendre de quoi nous voulons parler.
Le plaisir, par exemple, fait partie de ces mots-valises que tout le monde croit comprendre et qui semble aller de soi tant quil ne sagit pas de le définir.
De même pour le rassasiement ou la satiété. Nous avons lhabitude dentendre nos patients se plaindre quils nont plus faim mais quils ne sont pourtant pas rassasiés. Comment comprendre ce quils nous disent ?
Une sémiologie plus complète des sensations alimentaire nous fait certainement défaut, ainsi que les outils qui nous permettront de restaurer ces mécanismes du contrôle du comportement alimentaire.
Cet atelier se propose dapporter des éléments cliniques qui permettront de progresser dans cette voie.
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Clinique du goût - Dégustation. Dr Gérard APFELDORFER, Psychiatre, Paris
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Résumé : Nombre de nos patients mangent à la va-vite, sans y penser, en engloutissant. Ils ne gardent pas en bouche les aliments et nont de ce fait que peu de sensations gustatives.
Plusieurs types dexplications sont possibles : 1) avidité, besoin de remplissage, sentiment dêtre vide en dedans de soi ; 2) culpabilité de consommer des aliments interdits, évitement mental des conséquences pondérales imaginées de la prise alimentaire.
La réconciliation avec les aliments problèmes passe par la dégustation de ces aliments, par leur déculpabilisation, par le développement de la capacité de renoncement aux nourritures en excès, c'est-à-dire la partie restante après rassasiement. Il sagit de recentrer le patient sur ses sensations buccales, lexploration fine des aliments, de laider à renoncer au remplissage stomacal, c'est-à-dire à la boulimie.
On apprendra au patient à déguster, repérer les différentes composantes du goût, ainsi quà repérer ses sensations alimentaires de faim et de rassasiement, ses appétits spécifiques. Il sagit de respecter sa nourriture pour se respecter soi-même.
Deux modes alimentaires distincts :
Comportement alimentaire de remplissage : on mange à grosses bouchées, vite, avec peu de sensations gustatives, peu de mentalisation de lacte alimentaire ; les sensations principales se situent au niveau de lestomac.
Comportement de dégustation : on mange à petites bouchées, lentement, en prêtant attention aux sensations gustatives, en mentalisant lacte alimentaire ; les sensations principales se situent au niveau de la bouche et du nez.
Ces deux comportements alimentaires apportent des sensations et des plaisirs distincts, non directement échangeables.
La gloutonnerie :
Lavidité est le propre du nourrisson, affamé, tétant avec un sentiment durgence. On avale, on se remplit. Manger est une affaire de vide et de plein. Cette gloutonnerie peut aussi se voir comme le passage dun compartiment plein à un compartiment vide, le nourrisson ne se distinguant pas de sa mère.
Nombre de patients sont dans une situation similaire durgence à se remplir. La personne ne pense pas, ne se pense pas. Lacte alimentaire vise à remplacer la conscience de soi par des sensations violentes conférant un sentiment dexistence.
Plusieurs hypothèses permettent dexpliquer cet état :
1) une estime de soi basse, qui conduit à des pensées déplaisantes à propos de soi-même, que lindividu cherche à éviter en sefforçant de ne pas penser. Cette situation conduit souvent la personne à se lancer dans des activités prenantes, voire frénétiques.
2) une incapacité à nommer les émotions et les sentiments (alexithymie). Lindividu vit alors dans un monde matériel et concret, quil cherche à structurer logiquement et efficacement (pensée opératoire). Lorsque rien de concret ne loccupe, lorsquil est trop fatigué pour se lancer dans une nouvelle activité, lindividu peut devenir la proie de comportements alimentaires compulsifs.
On aidera ces patients à abandonner ces comportements gloutons par un travail psychologique. Il peut sagir de se confronter à ses cognitions dysfonctionnelles, à ses schémas négatifs. Ou bien il peut sagir dapprendre à nommer ses états intérieurs. Ce travail peut être entrepris à loccasion des exercices alimentaires.
La restriction cognitive
Les comportements gloutons peuvent aussi être dus à la culpabilité de consommer des aliments interdits. Après une période de surcontrôle, lindividu rompt labstinence et perd le contrôle (Abstinence violation effect) en mangeant compulsivement.
Dévorer permet déviter certaines cognitions : le vide mental du comportement glouton permet par exemple de ne pas penser à la faute que lon commet, au caractère immoral de laliment quon mange, aux conséquences pondérales imaginées de la prise alimentaire. La saturation sensorielle par la télévision va dans le même sens.
Dans de tels cas, le travail sur les sensations alimentaires savère utile, pour ne pas dire indispensable. La déculpabilisation de la consommation, son décentrage du champ de la morale, le constat quil nexiste pas daliment « grossissant » ou « amaigrissant », permettent de manger sur le mode de la dégustation. Déguster permet de prendre en compte les sensations de faim, de rassasiement, ainsi que ses appétits spécifiques, de façon fine, en les mentalisant. Manger devient ou redevient un acte civilisé, civil.
Exercices de dégustation
1) Déguster :
On dégustera avec le patient un aliment problème apporté par lui. On lui demandera de verbaliser ses différentes sensations, ses cognitions, ses émotions, ses sentiments. On lui apprendra à déguster, repérer les différentes composantes du goût, en particulier la texture, les saveurs, le goût de gras, les arômes. On lui demander de mettre une note à laliment.
On sensibilisera le patient à limportance de la dégustation dans lidentification du rassasiement, au fait quil est nécessaire de prêter attention à lévolution du goût en bouche, de bouchée en bouchée, et non de se contenter dévoquer un goût imaginé à partir de la deuxième bouchée.
On lencouragera à repérer ses sensations alimentaires de faim et de rassasiement, ses appétits spécifiques.
Il sagit daider la personne à passer dun comportement de gloutonnerie, dans lequel la nourriture est forcément bonne (ou nest pas de la nourriture) à un comportement différencié, où la nourriture, objet étranger, est à apprivoiser. Cette nourriture est plus ou moins bonne, et on en consomme plus ou moins.
Il sagit dêtre suffisamment attentif à sa nourriture, à la respecter pour se respecter soi-même. Il sagit de civiliser lacte alimentaire.
On sera fréquemment conduit à aborder la culpabilité liée à la consommation des aliments diabolisés, c'est-à-dire les problèmes liés à la restriction cognitive.
Pour plus de détails : http://www.gros.org/pagesgros/gout1.html
2) Renoncer :
Lexercice, à faire à la suite du précédent, consiste à jeter la nourriture excédentaire dans une poubelle.
Renoncer aux nourritures en excès, c'est-à-dire à la partie restante après rassasiement, nécessite quon soit à même de faire le deuil de ces nourritures. Pour pouvoir se séparer dun aliment, on doit pouvoir être capable de se vivre comme autonome, séparé des autres.
En cela, lacte de séparation avec la nourriture excédentaire ravive langoisse de séparation, rappelle parfois en mémoire des épisodes de séparation traumatisants.
Ces exercices faits au cabinet poursuivent un double but : 1) en permettant de mettre clairement en évidence les comportements alimentaires gloutons, les angoisses de séparation, la restriction cognitive, ils sont un prolongement de lanalyse fonctionnelle ; en modélisant de nouveaux comportements alimentaires, ils sont thérapeutiques.
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Aspects fondamentaux du goût. CQFDgustation de Tours, Christophe Prouteau et Jean-Michel Durivault
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Lapport du Goût et de la Dégustation en nutrition et en diététique
Le Goût est souvent employé comme synonyme de Dégustation cest à dire décrivant un ensemble de sensations perçues lorsque nous mangeons et interprétées selon notre culture.
Le mot Goût est encore plus utilisé dans le but de décrire lattrait pour notre alimentation et le jugement que lon y porte au travers de notre gastronomie (par exemple lors de la Semaine du Goût).
Le terme Goût, dans notre activité de dégustateurs, à lInstitut de Dégustation, décrit ce que perçoivent les cellules réceptrices de nos papilles gustatives et son interprétation sémantique en quatre catégorie (sucré, salé, acide, amer), aux côtés de nombreuses autres sensations.
Au sens où la Dégustation correspond à lattention portée aux sensations procurées par des aliments et qui permet leurs représentations par des mots, la Dégustation est une observation méthodique des aliments.
La Dégustation nous confronte donc à la diversité et au sens de notre alimentation et devient le reflet de la richesse de notre sensibilité ainsi que dun état desprit qui permet de porter un intérêt sur nous mêmes et donc sur les autres.
Ce sont les mots qui en organisant nos perceptions créent les liens et jouent leur rôle de médiateurs entre plusieurs personnes qui senrichissent alors mutuellement. La Dégustation nécessite alors une pédagogie.
Lapprentissage de la Dégustation (au profit denfants, de cuisiniers, de professionnels de santé, de patients,...) est un outil de prévention, daide à la modification de régime alimentaire, déveil, de plaisir,...
Les objectifs de cet apprentissage sont multiples :
Ils peuvent êtres plutôt diététiques :
- en apportant une correspondance entre le classement des aliments en termes diététiques et nos perceptions,
- en compensant une perte de sensations inhérente à un régime alimentaire par la découverte de beaucoup dautres,
- en modifiant la sensibilité,
- en améliorant la connaissance de ses besoins,
- en prenant en compte le profil (gustatif) sensoriel dune personne afin de mieux adapter la nature dun régime,
- en maintenant une démarche gratifiante dans un contexte médicalisé,
- en sassurant de manière consciente de la complexité sensorielle de notre alimentation qui en garantit la diversité et nous assure dun équilibre nutritionnel.
Ils peuvent être plus psychologiques :
- en permettant de relativiser une expérience intime souvent irrationnelle,
- en se responsabilisant sur ses choix alimentaires,
- en facilitant une intégration sociale,
- en exerçant la mémoire, le langage et autres processus de la pensée...
Enfin, les objectifs sont tout aussi concrets (sinon plus) en restauration collective afin déviter que les seules logiques conduisant à penser la nature de la qualité des aliments ne soient liées quà des contraintes économiques, des phénomènes de mode ou des principes nutritionnels, à lencontre de notre corps émotif, ou tout simplement de notre capacité à être des consommateurs responsables ou tout au moins avertis.
Christophe Prouteau et Jean-Michel Durivault
Pour CQFDgustation
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Le goût du mouvement. Pierre DALARUN, Psychomotricien (Paris), Edouard RODRIGUEZ, Psychomotricien (Laval)
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« Le goût du mouvement » Abord Corporel Thérapeutique de lobésité et du surpoids (Résumé)
Lactivité physique est vécue par les obèses comme une expiation des pêchés alimentaires : ils dépensent ce quils mangent. Dans cette logique lactivité physique éloigne le pratiquant de son propre corps, surtout sil opte pour des activités dendurance choisies en général pour leur effet « brûle-graisse ».
Autrement dit : « jendure pour me dé-penser, je souffre pour ne plus penser à manger, je mange pour ne pas parler, je mactive pour ne pas penser.»
Rendre lactivité physique consciente, cest offrir au corps dautres attitudes que celles de son champ comportemental habituel, cest donner lopportunité au sujet de relancer son potentiel évolutif.
« Parallèlement au mouvement moteur, qui sert à faire et à se déplacer, nous appelons mouvement sensoriel le mouvement qui, devenu conscient, permet de ressentir son corps, de se situer et de se connaître à travers lui. »
« Le goût dun mouvement, cest plus que la sensation musculaire qui sen dégage, cest une sensation qui a un sens, et qui donne un sens à ses actions. »
(Eve Berger, Le mouvement dans tous ses états - Les recherches de Danis Bois, Editions point dappui, Paris 1999.)
Dans cette perspective, lactivité physique a une triple fonction :
1- énergétique
Par la contraction des muscles squelettiques qui entraîne une augmentation substantielle de la dépense dénergie au-dessus de la dépense énergétique de repos.
2- sensorielle
Par létirement des muscles squelettiques antagonistes qui entraîne une stimulation sensorielle permettant au sujet déprouver son fonctionnement corporel.
3- relationnelle
Par la mise en jeu des coordinations motrices qui permet au sujet dassumer son autonomie vis-à-vis de son environnement.
Ainsi la démarche proposé au patient en Thérapie Psychomotrice place-t-elle lexpérience corporelle vécue au cur du travail.
Il sera précisé au patient « quil sagit plus pour lui dapprendre quelque chose de son corps, plutôt que de lui apprendre quelque chose à faire ». (Danis Bois)
« La Thérapie Psychomotrice est une thérapeutique originale, neurophysiologique et psychophysiologique dans sa technique, psychologique dans son but, destinée à agir par lintermédiaire du corps sur les fonctions instrumentales et comportementales perturbées. » ( Hôpital de la Salpétrière juin 1968)
« Partant du versant moteur et corporel daccès plus aisé, elle se propose dagir sur le psychisme afin de permettre au sujet une meilleure faculté dadaptation : la personnalité de celui-ci saffirme et sadapte dautant plus facilement quil connaît mieux son corps, laccepte plus volontiers et peut ainsi mieux saisir le milieu qui lentoure et y répondre de façon plus adéquate. » (Jean-Claude Carric, 1983)
Les objectifs de la Thérapie Psychomotrice sont de restructurer le schéma corporel et consolider limage du corps afin de :
Améliorer la relation à son propre corps et secondairement prendre goût au mouvement
Améliorer la relation à la nourriture
Améliorer la relation à autrui
Préparer à une éventuelle psychothérapie verbale
Vivre dans la réalité ou dans limaginaire dun gros corps représente souvent un ensemble de difficultés quotidiennes dordre physique, psychologique ou relationnel.
Lapproche psychomotrice propose un cadre de travail où le patient pourra développer tant sa capacité à se mouvoir quà sémouvoir.
Cette approche sintègre le plus souvent à une démarche co-thérapeutique où le médecin tient sa place de « prescripteur » et de référent.
Les points de vue thermodynamiques et psychomoteur ne sexcluent pas mais se complètent.
Le corps est une « machine vivante », selon lexpression dEdgar Morin, dotée dune capacité dauto-ré-organisation qui repose sur le mouvement.
La question nest donc pas celle de lintérêt de lexercice physique mais du sens quon lui donne.
Contenu de la formation (Du mouvement vers soi au mouvement vers lautre)
Niveau I : Lécoute corporelle
Le mouvement
La relaxation
Le toucher
La respiration
Le rythme
Lespace
+ Aspects théoriques
Evaluer le vécu corporel
Donner sens à lactivité physique
Niveau II : Lagir expressif
Le dialogue corporel
La voix
Le travail sur les émotions
+ Aspects cliniques
La relation patient-thérapeute
Les étapes dun parcours
Comment et quand proposer un travail corporel
Le travail corporel en co-thérapie
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Estime et affirmation de soi, travail sur la stigmatisation. Dr Christophe ANDRE, psychiatre, Paris
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Lestime de soi est la résultante du regard et du jugement que lon porte sur soi. Mais elle dépend aussi hautement du lien social : pour certains chercheurs elle nest rien dautre quun « sociomètre », reflétant le sentiment intime de notre valeur aux yeux dautrui. La reconnaissance et lapprobation lui sont indispensables, tandis que le rejet, sous toutes ses formes (indifférences, froideurs, mépris, négligences, stigmatisations
) la fragilise ou la détruit. Latelier abordera les aspects théoriques, expérimentaux et cliniques de cette dimension sociale de lestime de soi.
Ouvrages sources pour les professionnels ou les lecteurs experts
- Baumeister RF (ed). Self-esteem : the puzzle of low self-regard. New-York, Plenum Press, 1993.
- Bolognini M, Prêteur Y. Estime de soi, perspectives développementales. Lausanne, Delachaux et Niestlé, 1998.
- Burns DD. Ten days to self-esteem. New York, Harper Collins, 1999.
- Carlock CJ (ed). Enhancing self-esteem. Philadelphia, Taylor & Francis, 1999.
- Fennell MJV. Overcoming low self-esteem. London, Constable & Robinson, 1999.
- Kernis MH (ed). Efficacy, agency, and self-esteem. New-York, Plenum Press, 1995.
- Owens TJ, Stryker S, Goodman N (eds). Extending self-esteem theory and research. Sociological and psychological currents. Cambridge, Cambridge University Press 2001.
Lutte contre les influences sociales toxiques
- Amadieu JF. Le poids des apparences. Paris, Odile Jacob, 2002.
- Huston N. Professeurs de désespoir. Arles, Actes Sud, 2004.
- Klein N. No logo. Arles, Actes Sud, 2001.
Statut social et identité
- Arnaud C. Qui dit je en nous ? Paris, Grasset, 2006.
- De Botton A. Du statut social. Paris, Mercure de France, 2004.
- Cannone B. Le sentiment dimposture. Paris, Calmann-Lévy, 2005.
PRINCIPALES PUBLICATIONS GRAND PUBLIC DE CHRISTOPHE ANDRÉ
- De lart du bonheur. LIconoclaste, 2006.
- Imparfaits, libres et heureux. Pratiques de lestime de soi. Odile Jacob, 2006.
(Prix Psychologies Magazine 2006)
- Psychologie de la peur. Craintes, angoisses et phobies. Odile Jacob, 2004
- Petits complexes et grosses déprimes. Seuil, 2004 (avec le dessinateur Muzo)
- Vivre heureux. Psychologie du bonheur. Odile Jacob, 2003.
- Petites angoisses et grosses phobies. Seuil, 2002 (avec le dessinateur Muzo)
(Prix du Livre Psy de la ville de Nîmes 2003)
- La force des émotions. Odile Jacob. 2001 (avec François Lelord)
- La peur des autres. Trac, timidité et phobie sociale. Odile Jacob, 2000 (2ème édition, avec Patrick Légeron)
- L'estime de soi. Odile Jacob, 1999 (avec François Lelord)
- Comment gérer les personnalités difficiles. Odile Jacob, 1996 (avec François Lelord)
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Abord psychodynamique des obésités et des TCA. Dr Bernard WAYSFELD, nutritionniste et psychiatre, Paris
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Vendredi 1er décembre 2006:
Communications du congrès
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Des papilles aux projections cérébrales. Dr Annick FAURION, neurophysiologiste, Paris
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A quoi sert le goût? Dr André Holley, neurobiologiste, Dijon
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André Holley, Neurobiologiste, Dijon. Centre Européen des sciences du goût
On sait que le goût au sens usuel fait appel en premier lieu aux sens chimiques, au goût au sens strict, à lodorat et à la sensibilité du nerf trijumeau, même si le mangeur ne distingue habituellement pas lorigine des sensations quil perçoit quand il prend en bouche les aliments. Selon des modalités un peu différentes, les trois sensibilités ont pour fonction commune de contrôler lentrée du tube digestif, ce qui est un rôle important. Contrôler veut dire, ici, fournir au cerveau des éléments de décision sur lavantage ou le danger quil y a pour lorganisme, à introduire une substance dans la bouche ou à poursuivre par lingestion le processus commencé. Le goût est ainsi un auxiliaire essentiel des activités réflexes et des décisions conscientes qui permettent lalimentation. Il pourrait sacquitter de ces tâches dune façon purement cognitive, mais ce nest pas ce quil fait. Les informations que les sens adressent au cerveau sont génératrices daffectivité, sources de plaisir ou de déplaisir. A la polarité acceptation / refus dans le domaine de lagir correspond la polarité agréable / désagréable dans le domaine de laffect. Ce nest pas pur parallélisme ; en un certain sens, la relation est causale. Le plaisir attaché au goût est incitateur, cest le moyen instauré par lévolution pour conduire les organismes, sans la contrainte impérative dun automatisme, à réaliser des actes dont les conséquences ont une grande valeur adaptative.
Quelles sont les limites de la fonction incitatrice du goût ? Un sens comme lodorat dont on découvre lappauvrissement en récepteurs dans lespèce humaine est-il toujours en mesure de fournir toute linformation nécessaire ? Le lien fonctionnel entre la motivation alimentaire et la force incitatrice du goût ne sest-il pas relâché, entraînant trop souvent un découplage de la consommation et du besoin? Les régulations physiologiques, ordinairement si précises ont- elles cessé de sexercer, et pourquoi ? Ce sont des questions qui nous examinerons en faisant appel au besoin à léclairage que nous apportent certaines données sur la génétique et lévolution de notre espèce.
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Odeur et marketing. Comment nous mener par le bout du nez. M. Joel LEONARD, anthropologue, Copenhague
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Comment nous mener par le bout du nez
85 % de ce que lon considère être le goût passe en fait par les sensations olfactives. Physiquement, le nez est la clé de la mémoire et des réactions émotionnelles. Dans le cerveau, les réactions olfactives se distinguent des autres réactions sensorielles par le fait que les stimulations olfactives sont directement transmises à larrière du cerveau sans être au préalable filtrées. Ce phénomène est à la base du marketing olfactif.
LHistoire du marketing olfactif nous fait remonter à des temps anciens. On peut retrouver dans le premier commerce colonial au XVIème siècle une association faite entre lodeur du patchouli, racine utilisée pour protéger les tissus importés du Cashmire contre les mites, et le tissu lui-même. Cette association était tellement ancrée dans lesprit des gens que les premières productions occidentales du tissu, dénuées de cette protection odorante connurent léchec.
En 1848, le premier caoutchouc synhtétique était si nauséabond quon lui rajouta une substance odorante corrective qui devint vite lodeur standardisée du caoutchouc quon lui connaît encore aujourdhui.
Dans la ganterie, on traitait les peaux de chèvre à lurine afin de les adoucir, mais donnant ainsi au produit fini une odeur peu appréciée. Pour y remédier, on traita les gants avec des parfums. Chaque région de production developpa son propre parfum caractèristique. Des exemples qui montrent que lodeur, ajoût artificiel au produit, peut profondément modifier la relation que lon peut avoir à celui-ci, pouvant même aller jusquà sidentifier à lui.
Avec lessor de lindustrie automobile, la consommation des pneumatiques connut une véritable explosion. Là aussi, lodeur est une partie intégrante de la fascination exercée par les voitures neuves. Dès les années 1940, les chaînes de production automobiles américaines incluaient déjà des odeurs ajoutées artificiellement afin dintensifier la lodeur des voitures neuves.
Les odeurs savèrent jouer un rôle primordial dans le jugement de qualité du consommateur. Dans les années vingt, alors que lindustrie des bas connaissait la révolution du nylon, une expérience réalisée auprès de 10 000 femmes devant désigner la paire de bas de meilleure qualité parmi trois présentées montrait que presque 80 % de celles-ci désignaient une paire de bas particulière avec une odeur artificiellement ajoutée. Cest cette odeur qui caractérise les bas nylon encore aujourdhui.
Lindustrie du jean utilise des méthodes similaires dans la promotions des articles vestimentaires. Chaque grande marque a sa recette dodeur quelle garde jalousement secrète.
Dans les années cinquante, un ingénieur américain, Alexander Gruen, étudia le comportement du public faisant des achats, dans le but daméliorer les ventes. Il mit en évidence la relation entre le temps passé par le client dans le magasin et le montant des achats. Il développa le concept du centre commercial avec musique et odeurs pour capter, captiver le public afin de prolonger son séjour.
Lodeur comme logo invisible savère être dune grande efficacité dans la promotion des marques. De nombreuses compagnie aériennes telles que Air France, Singapore Airlines et British Air ont créé leur propre arôme-logo, encore appelé odeur-signature.
Lodeur dun produit na souvent dautre but que de permettre de lidentifier et de le mettre en valeur, comme par exemple dans les savons, les dentifrices et les liquides-vaisselles.
Le contrôle numérique des odeurs en est encore au stade expérimental. Mais selon France Telecom, il sera possible dici trois ans de capter par téléphone les odeurs qui entourent son interlocuteur.
Comprendre les connexions cérébrales et les associations mentales utilisées dans le marketing olfactif peut contribuer à déterminer une nouvelle ère dans la recherche concernant les problémes dobésité et de surpoids.
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Le goût et les odeurs: peut-on en discuter? Danièle DUBOIS, Agnès GIBOREAU, Paris
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Le goût et les odeurs, peut on en discuter ?
Danièle Dubois (CNRS / LAM-LCP), Agnès Giboreau (Le Sensolier/LCPE)
Peut-on discuter des goûts et des odeurs ? autrement dit peut-on penser quen parlant chacun des goûts et des odeurs, en utilisant chacun des mots, dans des phrases, dans des discours, on parle de la « même » chose, dune même « réalité » du monde? De quelles ressources du langage dispose-t-on?
La première observation est la difficulté de parler des goûts et des odeurs, difficulté que lon peut simplement appréhender à partir du contraste entre les modes dexpression des couleurs et des odeurs (et des saveurs) (Dubois, 2006 a). En effet, tout locuteur de langue française décline régulièrement, si on lui demande de citer des noms de couleur. Par contre, si on demande, à ces mêmes locuteurs de citer des noms dodeurs, on ne recueille que peu de termes communs à lensemble des personnes interrogées, chacune déclinant des mots dun univers olfactif personnel, avec des tournures différentes, des noms, des adjectifs, lévocation de souvenirs précis, souvent rapportés à lenfance. De fait, les formes lexicales régulièrement recueillies sont des noms renvoyant à des objets, à des sources odorantes et non des termes spécifiques dodeur, en contraste avec les couleurs. La deuxième observation est que les goûts sont dabord régulièrement déclinés à travers les 4 formes canoniques salé, sucré, acide, amer puis de la même manière chacun évoque dautres sensations, le plus souvent olfactives, selon des processus dassociation qui lui sont propres. Ainsi, quand on parle du goût, on parle des sensations perçues lors de la dégustation cest-à-dire en fait darôme, de consistance... (Giboreau, 1998). En français, le registre lexical permettant de parler et déchanger à propos des goûts réfère donc finalement aux objets (aliments) consommés, ou à des propriétés relevant des autres modalités sensibles. A partir de ces observations, peut-on aller jusquà considérer que pour parler du goût il faut passer par lexpression des autres sens ? et donc commencer par parler des couleurs, des odeurs et des touchers pour illustrer les différentes façons de parler
des goûts.
Diverses formes lexicales sont alors disponibles : des adjectifs spécifiques (beige, amer, sec), des formes « odeur de X » dans lesquelles X est le nom dune source odorante (odeur de pain), des adjectifs dénominaux (fruité) ou déverbaux (agréable, piquant), des expressions complexes (ça sent la pomme). Parler du goût dun aliment, cest aussi parler de sa couleur, de son arôme, de sa texture, de sa flaveur (sensations en bouche : gustatives, olfactives, voire tactiles et auditives). En bref, cest utiliser une diversité de formes lexicales en référence à des qualités collectivement partagées (les adjectifs), à des objets du monde collectivement identifiables (les noms et formes dénominales), à des actions/ réactions potentiellement imitables (les verbes et formes déverbales) et à une diversité de formes complexes, majoritairement idiosyncratiques, individuelles ou encore « subjectives ».
Sur le plan cognitif, on peut montrer que les odeurs - et les «goûts »- sont structurés en catégories (Dubois et al., 1997), organisées non en fonction dun ordre du monde indépendant des sujets, mais bien davantage en fonction des activités humaines fondamentales définitoires de la condition humaine. En ce qui concerne lalimentation précisément, les humains ne se nourrissent pas simplement pour survivre, mais salimentent de produits quils cultivent, cuisent, cuisinent. Ils génèrent de ce fait des pratiques où la recherche de la diversité et du plaisir peut lemporter sur la simple satisfaction dun besoin « naturel ». En bref, étudier les discours sur les goûts, nécessite dancrer les discours dans le contexte des catégories cognitives pertinentes pour le sujet qui sexprime, à savoir prendre en compte lobjet, lenvironnement, lusage, les pratiques ...
Références bibliographiques
Dubois, D. (2006) Une approche cognitive de lolfaction : des catégories dodorants à la sémantique des odeurs, Terrain, 47 ; sept) 89-106.
Dubois, D. (2006a) Sens communs et sens commun : Expériences sensibles, connaissance(s) ou doxa ? Langue Française. N° spécial « sens commun »
Dubois, D (2006). Dessine moi une odeurs. Pour la Science, 359, (Nov ) Pp. 54-58
Dubois, D.& Grinevald, C. (1999). Pratiques de la couleur et dénominations, Faits de langues, Ophrys, 14, 11-25.
Dubois, D., Rouby, C., Sicard, G. (1997) : Catégories sémantiques et sensorialités : de l'espace visuel à l'espace olfactif, Enfance, 1997, 1, 141-151.
Giboreau A. & Dacremont C. (2003) Le profil sensoriel : les limites d'un savoir-faire empirique. Psychologie Française. 48(4), 69-78.
Giboreau A. (1998) Lanalyse sensorielle dans lagro-alimentaire, Journée Ingénierie Centrée sur lHomme, Ministère de lIndustrie, juillet, Paris.
Giboreau A., Dacremont C., Egoroff C., Guerrand S.,Urdapilleta I., Candel D., Dubois D. (2006) Defining sensory descriptors: towards writing rules based on terminology Food Quality and Preference 18(2), 265-274..
Indergand, M. (1994) De lexpérience matérielle à lexpérience immatérielle de la couleur, in P. Junod & M. Pastoureau (Eds) La couleur : regards croisés sur la couleur du Moyen âge au XX siècle. Paris : Le léopard dor.
Varela, F., Thompson, E & Rosch, E (1991). The Embodied Mind: Cognitive Science and Human Experience. Cambridge, MIT Press. (Trad. franç. : L'inscription corporelle de l'esprit, Paris : Seuil (1993).
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L'historien et les saveurs, le goût du sucré. Georges CARANTINO, historien, Paris
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" Après avoir situé la saveur sucrée parmi les autres saveurs et évoqué la façon dont elles peuvent jouer ensemble, nous nous intéresserons à l'évolution des produits supports de cette saveur et montrerons comment le sucre a été investi d'une image de distinction qui n'a pu que renforcer l'attirance pour le sucré.
Nous réfléchirons sur la place du sucré dans les repas français en parallèle avec ce qui se passe dans les repas des pays voisins. Nous montrerons que la séparation du salé et du sucré est un facteur du prestige de la cuisine française et donne toute son importance au dessert et à ses séductions. Nous nous interrogerons sur le parallèle à faire entre l'évolution des produits sucrés et celles des sauces vers le moêlleux et le blanc, suggérant par là que les quêtes du sucré et du moêlleux sont liées."
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Obésité: le poids du culturel. Pr Catherine GRAINDORGE, psychiatre, Gentilly
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La nourriture pose aujourd'hui un problème particulier chez l'enfant. Elle prend souvent la place des relations émotionnelles entre parents/enfant, notamment quand les parents sont eux-mêmes en difficulté. De ce fait, un certain nombre d'enfants et d'adolescents se retrouvent isolés sur un plan psychologique et ont recours à la nourriture comme un objet comblant, ce qui les amène peu à peu à entrer, parfois, en dehors de la boulimie même, dans des processus de prise de poids.
L'auteur, autour d'une situation clinique et de propos théorico-cliniques, développera cet aspect, à la fois social, culturel et psychopathologique.
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Faute de goût: une pathologie du court-ciircuit. Dr Bernard WAYSFELD, nutritionniste, psychiatre, Paris
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La scène se passait je crois en 1966. Jétais encore étudiant et jentrais inopinément dans un amphithéâtre de la rue de lEcole de Médecine. Là se tenait un cours sur lobésité. La salle était pleine et je ne pouvais donc me poser. Je restais debout, écoutant cet homme parlant des obèses et déclarant : « vous comprenez, lobèse ne mange pas comme vous, il mange très vite, il avale, il ne prend pas le temps de goûter. Cest ça la différence. Regardez-les bien, soyez attentifs, vous verrez ! ».
Cest plus tard, alors que jassistais au premier congrès international sur lobésité, à Londres en 1974, que je revis cet homme sympathique, griffonnant ses transparents en séance plénière devant un public étonné par tant de spontanéité et si peu dacadémisme universitaire. Il semblait toujours aussi passionné même si limmense salle ne semblait pas tout comprendre.
Jappris ainsi quil sagissait du professeur Jean Trémolières, le fondateur de la diététique en France. Diététicien certes, mais aussi humaniste et poète, il avait sans doute su voir ce que les trente années qui suivirent sempressèrent doublier. Nos scientifiques prirent alors le parti de sen remettre à la science, cartésienne ici, enfermés dans la parcellisation des savoirs et la dictature des statistiques outre atlantique. Nous nous sommes intéressés aux troubles des conduites alimentaires (TCA) et aux obésités comme les entomologistes classeraient des insectes. Les multiples travaux quon peut lire ne relèvent plus de la science ou de la médecine mais dune véritable taxidermie. Et ce nest pas la meilleure façon dapprocher le vivant !
Pour en revenir à notre communication, les travaux des 30 dernières années ont mis en évidence certains paradigmes :
Au-delà de lépidémie dobésité que les pouvoirs publics brandissent comme le SIDA ou la grippe aviaire (et dont nous serions coupables, en ce que nous ne consommerions pas assez de légumes !), il est clair quun grand nombre de sujets souffrant de ces pathologies mettent en place des symptômes comportementaux ou somatiques parce quils sont pris dans une pathologie du court-circuit : Quand le manque ne peut être toléré, laccès au symbolique et à limaginaire se trouvent obérés, il faut en permanence du «tout, tout de suite », faute de pouvoir tolérer un délai dans la réponse. Alors il ne reste plus quà avaler tout rond, faire limpasse sur le goût en consommant des aliments de forte densité énergétique, ce qui offre au sujet la certitude que ses besoins biologiques seront satisfaits. Or, lAutre, lobjet du désir, souvent nous échappe, alors que les snacks et autres barres chocolatées, reconvertis en objets de besoin, néchappent pas à notre avidité et à notre gloutonnerie.
De nombreux travaux en attestent. Cest parmi les personnalités les plus psychosomatiques (les plus « alexithymiques ») que lon rencontre les plus nombreux sujets souffrant de TCA et dobésité.
En réponse à cette particularité et à cette souffrance aussi, que fait la médecine ?
Comme nous lécrivions en 1985 avec Michelle Le Barzic (de lobésité psychosomatique à la psychosomatisation des obèses, Psychologie Médicale, 1985, 17, 6 : 783-85), nous répondons comme une mauvaise mère par la prescription de régimes, le calcul des calories, la pesée des aliments et du patient
et nous sommes en échec !
Tant et si bien que parvenus à un constat déchec planétaire, nous ne nous occupons plus des patients, obèses ou pas dailleurs, nous ne prenons plus en compte le sujet dans son historicité spécifique, mais nous colmatons les brèches comme nous pouvons, en traitant cette fois ni lobésité, ni les obèses, mais les complications et de plus en plus par la chirurgie qui consiste à créer un nouveau court-circuit, digestif cette fois, comme réponse au court-circuit psychique précédemment évoqué. Dun court-circuit à lautre, ou litinéraire dun échec pourrait-on dire. Pour en revenir au sujet, je vous propose un bref récit, inspiré du réel et discrètement transfiguré pour faire entendre mon propos et ma colère.
« Jai toujours mangé vite, très vite ; je ne mangeais pas, javalais tout rond. Ma grand-mère me le disait constamment : ne mange pas si vite, prends ton temps, mâche, mâche ! Je ne goûte pas les aliments, je me remplis comme je remplis tout ce que je possède, les armoires, les valises, le réservoir de ma voiture. Il faut que je fasse le plein ; je ne supporte pas le vide. Pour moi, il ny a pas de demi-mesure. Si ce nest pas tout à fait plein, cest vide et ça mangoisse. Evidemment, avec ce système, on grossit et plus on grossit plus on mange et quand on mange vite, on mange beaucoup, on ne passe pas son temps à goûter, à déguster. Je ne peux pas attendre tranquillement entre deux bouchées. Je les enfourne les unes après les autres. Je ne pose pas mes couverts comme les médecins me lont recommandé. Mon repas est bouclé en 10 minutes. Il y a quelques années, javais rencontré un psychanalyste qui mavait parlé de désir ; je ne me laisserais pas le temps du désir, si jai bien compris. Remarquez, cest vrai, quand cest là, il faut que je mange, cest impulsif, je ne supporte pas le manque, ni même de penser à ce que je pourrais manger. Si je peux manger, je mange et je ne me pose pas de questions. Je ne sais pas pourquoi cest comme ça et dailleurs je naime pas y réfléchir. Ça ne mène nulle part. Dans mon métier, cest pareil, jaime que les choses soient nettes sans élucubration. Ça marche plutôt bien dailleurs. Je moccupe de la gestion dune PME et avec moi les comptes sont les comptes. Il ny a pas de blancs. Il ne manque pas une ligne sur mon bilan. Finalement javais tellement grossi que je suis allé consulter un médecin à lhôpital. Je lui ai expliqué que je mangeais trop vite et finalement trop. Il ma fait tout un bilan. Cétait très bien mais à la fin je lui ai demandé quel régime je devais suivre. Alors il ma répondu que je devais manger plus lentement et moins ; ça je le savais. Ça ne ma pas avancé.
Ce qui est terrible avec ce système, cest quon devient énorme. Je mange vite et beaucoup cest vrai, mais je grossis encore plus vite. Les régimes, je ne peux pas les suivre ou bien quand je perds 10 kilos, jen reprends 15. Jai donc décidé de ne plus en faire. Une diététicienne ma expliqué tout cela : Monsieur, vous ne prenez pas le temps de manger, de goûter. Pourtant cest simple paraît-il, mais pour moi cest compliqué, je ne sais pas manger. Il y a des cas comme ça dans ma famille. Ceux qui mangent vite sont tous gros. Cest comme sils mangeaient non pas par plaisir ou pour nourrir leur corps, mais pour se remplir, quil ny ait pas de creux, de vide ; il faut pas que ça manque en somme.
Alors à la fin on ma proposé un by-pass gastrique. Cest un drôle de mot. Cest pour dire quon va couper lestomac et lintestin et que les aliments ne seront plus absorbés parce que la partie de lintestin qui absorbe, elle aura été coupée. Le chirurgien ma expliqué que je ne pouvais pas continuer comme ça, que jallais être très malade, que je pourrai plus marcher tellement javais mal aux genoux. Et puis la tension, le sucre, bref je suis en sursis si je comprends bien. Pour que je saisisse mieux, il ma dit que jétais malade et que cette maladie là risquait maintenant de saggraver très vite. Alors, lui, il me propose de me fabriquer une autre maladie pour remplacer celle-là. Cest ça le by-pass. Cest un court-circuit. Cest ce qui se fait maintenant. Avec ça je pourrai continuer à manger vite et beaucoup. Je maigrirai quand même parce que les aliments ne seront pas absorbés. Je crois que cest une bonne idée. Cest bien la chirurgie. »
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Des goûts des vieux. Jérôme PELLISSIER, chercheur en gérontologie, Paris
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L'éducation gustative, un outil thérapeutique. Katerine KURETA-VANOLI, Diététicienne, Clamart
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Bon à penser, bon à manger. Ulla MENNETEAU, diététicienne, Riom
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Au plaisir du goût. Mme Gisèle HARRUS-REVIDI, psychanalyste, Paris
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Goûts et cultures. Jean-Pierre CORBEUA, sociologue, Tours
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Dernière Mise à Jour le 13 décembre 2006